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LES LECTURES DU 13
Les Lundis à 18h30
Prétexte à la découverte de nouveaux projets
entrée libre
Afin d’aider à la réalisation de nouveaux projets, le Théâtre 13 met son plateau à disposition de jeunes metteurs en scène, pour leur permettre de confronter un travail en cours à un public.
Plus que des lectures, ces mises en espaces sont le fruit d'un travail de direction d'acteurs et présentent un réel parti pris de mise en scène, permettant ainsi aux spectateurs de découvrir des textes, des comédiens, des auteurs, des metteurs en scène et des compagnies.
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| 19 sep. 05 |
Tsiganes
tragédie pour masques de Nicolas Ducron
mise en espace Nicolas Ducron / Cie de l’Hyperbole à trois poils
(Distribution en cours)
Ana Boronski, jeune tsigane des campagnes, fuit son foyer pour échapper au
mariage arrangé par son père. Elle va à la ville trouver son destin. La
ville, terre promise, se prépare au charnier. Le parti de Falcaru Micoï est
proche de son but : éliminer la vermine tsigane. Sur le pavé traîne Nicolae,
miséreux des ruelles, qui hait les tsiganes, parce qu’ils ont pris sa place
à l’usine.
Arrive la rencontre, celle d’Ana et Nicolae. Arrive l’amour fou, impossible,
entre une tsigane et un fasciste.
Tsiganes nous montre une implacable machine à broyer des vies : la marche du
monde. Quelle place pour les êtres dans une société injuste, qui imprime ses
lois sans se soucier des hommes ? C’est l’histoire d’une contrée aux prises
avec ce montra de fascisme, un pays qui pourrait être la Yougoslavie…
Avec Nicolae, Ana découvrira un monde qu’elle croira légitime, une idéologie
raciale qu’elle prendra pour justice, celle qui a tant souffert d’être née
tsigane.
Avec Ana, Nicolae se mettra à aimer, celle qu’il ne fallait surtout pas
aimer, l’ennemie, l’étrangère.
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| 10 octo. 05 |
Marie Stuart (Trauerspiel)
de Friedrich Schiller
traduction M. de Latouche
adaptation et mise en espace Fabian Chappuis, assisté de Damien Bricotto /
Cie Orten
Avec Maline Cresson, Frédéric Jessua, Stéphanie Labbé, Nils Ohlund, Benjamin
Penamaria, Sébastien Rajon, Marie-Céline Tuvache … distribution en cours
Reine d’écosse six jours après sa naissance en 1542, mariée à François II et
reine de France à 17 ans, veuve un an après, remariée à Lord Darnley, amante
du comte de Bothwell qui tuera Darnely, réfugiée auprès d’Elisabeth 1ère qui
en fera sa rivale, la gardera captive pendant vingt ans puis et qui la fit
décapiter en 1587: Marie Stuart est l’une des figures les plus romanesques
et les plus tragiques de l’histoire.
Schiller, qui a pris des libertés face aux faits historiques, va confronter
ces deux reines que tout oppose : l’une légitime, l’autre bâtarde, l’une qui
s’élève au-dessus d’elle même sous l’effet de la passion, détruisant sa vie
tout en l’immortalisant, l’autre renonçant à sa féminité au nom de la raison
d’Etat et pour trouver une légitimité.
Schiller en fait une parabole sur la politique et l’histoire, les rouages du
pouvoir, du succès et de l’échec, qui reste, 200 ans après, d’une étrange
modernité.
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| 21 nov. 05 |
Médée (tétralogie)
De Pierre Gripari
Mise en espace Guy Moign / LA COMPAGNIE DU SOLILESSE
Avec Didier Bailly, Nicolas Bataille, François Chodat, Denis Daniel, Franck Desmett, Bernard Jousset, Claude Leblond, Lisa Lavane, Guy Moign, Nell Reymond.
Lecture de la troisième journée (Les Servantes) et de la quatrième journée (Les Chèvres)
La Médée de Pierre Gripari n'est pas seulement la femme bafouée qui se venge, c'est La Femme tout court, opposée à son partenaire masculin.
C'est aussi l'Etrangère, la Barbare, par opposition à une Hellade civilisée, policée, qui d'ailleurs la rejette.
C'est encore la magicienne impie qui force la main aux Dieux, les méprise, les viole, mais qui, ouvrière de mort pendant les trois quarts du spectacle, n'en deviendra pas moins, au dernier épisode, dispensatrice de vie, accoucheuse d'une divinité nouvelle et génitrice d'un peuple.
Tout cela se compose de trois tragédies (LES DAUPHINS, LES SPECTRES, LES SERVANTES) et d'un drame satyrique (LES CHEVRES), le choeur étant un élément primordial de l'oeuvre.
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| 19 déc. 05 |
Jules César de Shakespeare
Texte français Jérôme Hankins
Mise en espace Frédéric Jessua / Compagnie acte6 et 55975
avec David Ayala, Lorenzo Baitelli, Antoine Cholet, Thibaut Corrion, Romain Cottard, Michel Fau, Jonathan Frajenberg, Frédéric Jessua, James Joint, Marie-Christine Letort, Aurélien Osinski, Frédéric Ozier, Arnaud Pfeiffer, Sébastien Rajon, Bruno Sermonne, Isabelle Siou , Xavier Valoteau
« Le 21 septembre, après le déjeuner, aux environs de deux heures, j'ai traversé la fleuve avec mes gens; dans un théâtre au toit de chaume, nous avons assisté à la tragédie du premier empereur, Jules César, jouée fort plaisament par une quinzaine d'acteurs; à la fin de la représentation ils ont dansé ensemble admirablement et avec beaucoup de grâce, selon leurs usages; deux dans chaque groupe étant habillés en homme et deux en femmes. » Thomas Platter, médecin suisse, spectateur, Londres 1599
1ère LECTURE: UNE TRAGEDIE FORCEMENT HUMAINE
« Jules César » est une pièce remarquable car elle nous présente des personnages qui, même s'ils sont esclaves du destin (ils ne pourront pas changer le cours de l'Histoire), donnent toujours l'impression d'avoir le choix, de pouvoir inverser le cours des événements. Shakespeare, plus d'un millénaire et demi après les faits, introduit des ressorts dramaturgiques destinés à aiguiser l'attention du spectateur et à le rendre ainsi encore plus proche des protagonistes. Tous les personnages (César compris) sont de ce fait ramenés à leur dimension humaine avec leur palette de comportements : indécision, versatilité, raillerie, humour, grotesque... Le cadre de la pièce joue pour eux, ils n'ont plus qu'à s'y étaler, avec chacun leur couleur, devant le peuple qui n'a qu'à suivre, une fois de plus, s'il le désire... Frédéric Jessua
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| 23 Janvier 06 |
La Princesse Maleine
De Maurice Maeterlinck
Mise en lecture Maël Grenier / Théâtre de l'Iroise (29)
Avec Gaëlle Héraut, René Hernandez, Gaëtan Vassart, Jean Signé, Camille Kerdellant, Francis Prost (clarinettes), distribution en cours...
Devenue orpheline par la colère dévastatrice d'un roi, la Princesse Maleine se retrouve au pied du château d'Ysselmonde, le château ennemi. Elle y entrera malgré tout, par la petite porte, celle du coeur, et distillera dans ce château vénéneux la beauté magique de sa pureté jusqu'à en faire vaciller son meurtrier.
La princesse Maleine, écrit en 1890, est un texte puissant, à la beauté étrange et fascinante. M.Maeterlinck, à travers toute son oeuvre dramatique et a fortiori La princesse Maleine a donné à voir et ressentir toutes les choses qui nous entourent et celles que nous ne voyons pas, malgré nos yeux ouverts. La nature et toutes ses forces impalpables y est présente comme rarement et y donne un souffle unique. Ce texte frappe fort aujourd'hui, car il y est avant tout question d'humilité et de responsabilité, deux thèmes relativement pastels dans notre monde actuel. La princesse Maleine est notre pureté, notre naïveté essentielle, originelle, à l'épreuve du parcours froid et violent de notre monde.
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| 13 février 06 |
Les Enclavés
De Joséphine Serre
Mise en lecture de l'auteur / compagnie L'Instant Propice (75)
Avec Thomas Blanchard , Benoît Carré, Grégory Gadebois, Tamara Krcunovic, Laurent Labruyère, Anaïs Maro, Elizabeth Mazev, Juliette Navis-Bardin, Arnaud Pfeiffer, Alexandre Steiger, Darek Szymor, distribution en cours...
La scène est un hall de gare où les voyageurs ont oublié d'où ils viennent et où ils partent ... Sur le sol, à l'aide de vieilles affaires emportées dans l'exode, des lignes de frontière ont été tracées, séparant les voyageurs en cinq clans ennemis - cinq secteurs administrés comme le seraient de véritables nations.
Entre Lom, qui ignore tout de cette conjoncture et pénètre dans la gare, croyant simplement venir prendre son train.
Après plusieurs voyages dans les Balkans, j'ai cherché le moyen de traduire scéniquement l'horreur absurde des guerres fratricides qui ont déchiré la région pendant la décennie 90.
En dressant les uns contre les autres des groupes de voyageurs barricadés derrière leurs sacs, les conflits sont délibérément réduits à de simples discordes. Mais en les faisant vivre farouchement, ces haines aux allures de jeu et de mascarade regagnent leur dimension tragique. C'est par ce décalage que ressort l'intolérable, l'incompréhensible : le non sens.
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| 13 mars 06 |
A un jet de pierres de Pristina de Philippe Beheydt
Mise en lecture de l'auteur par Jeunes Plumes et Compagnie (94)
Durée de la lecture 1h 40
Avec Jean-Louis Jacopin, Arnaud Lechien, Alexandre Jazédé, Juliette Croizat ... (distribution en cours)
L'ex-Yougoslavie a toujours été le berceau de tensions. Mais que se passe-t-il lorsque les « monstres » d'hier sont les victimes d'aujourd'hui ? Comment apprendre à survivre caché, sans plus jamais voir la lumière du jour ? Comment vivre le drame sous son toit ?
Dans un village perdu au milieu de l'ex-Yougoslavie, derrière les fenêtres recouvertes de planches et de tissus, une famille vit, terrée comme des « insectes craintifs » . Le père - Dragan - ne veut quitter sa maison que les pieds devant. Militsa - la mère - fera ce que son mari décidera. Milosh, le fils aîné, depuis son retour de la guerre, ne croit plus aux pouvoirs des armes, contrairement à son jeune frère, Slobodan. Mais quel mal ronge Lenka, la jeune femme de Milosh ? Pourquoi traîne-t-elle dans la maison comme un fantôme ? Quels terribles secrets ont tués la vie en elle ?
« Les mots caressent, les mots s'étranglent. L'écriture de Philippe Beheydt est moderne, d'un trait, d'un souffle, d'une poésie sauvage. » Dauphiné Libéré
L'auteur - à la langue simple, drue, belle, efficace - a le don de scruter l'homme, de racler les secrets de familles jusqu'à la moelle de la rancoeur. Marseille l'Hebdo
Philippe Beheydt a 34 ans, il est un des auteurs les plus marquants de sa génération. Guy Foissy
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20 mars 06
Attention, changement d'horaire : 20h30 ! |
Printemps des Poêtes
Soirée poésie chantée, dans le cadre du Printemps des poètes,
en collaboration avec la Mairie du 13 ème arrondissement.
Chants Pirogue
Récital en forme de carnet de voyage à travers la francophonie.
Avec Gérard Pitiot (guitare, chant), Bruno Lucenti (piano), Eric Sanarens (percussions), Gérard Champême (harmonica, trompette) et André Clauss (saxophone).
Textes de Eluard, Desnos, Senghor (Sénégal), André Schmitz (Belgique), Léon Laleau (Haïti), Paul Morin (Québec), Vénus Khoury Ghata (Liban), Edouard J. Maunick (Ile Maurice), Flavien Ranaivo (Madagascar), Aimé Césaire (Martinique), Léon Gontran Damas (Guyane), Edouard Glissant (Martinique), Frankétienne (Haïti), René Depestre (Haïti) et Tanella Suzanne Boni (Côte d'Ivoire).
Musique et arrangement Gérard Pitiot
Gérard Pitiot offre une magnifique balade dans la poésie francophone. Sa voix chaude a su trouver, à chaque fois le ton et la mélodie juste, flirtant avec les musiques locales sans jamais tomber dans le cliché . Le Figaro |
| 3 avril 06 |
Electre à Mycènes de Benoît Bellal d'après Sophocle
Adaptation et mise en lecture de Benoît Bellal par Potlatch et Compagnie (75) Avec Delphine Haber, Isabelle Siou, Jacqueline Corado, Irma Schmitt, Benjamin Penamaria, Marc Aubaut, Jacques Jomain et Benoit Bellal.
Durée de lecture1h15
C'est d'abord une histoire familiale, digne d'un fait divers, où la fable rejoint le mythe. Il était une fois , chez les Atrides, une jeune fille dont le père Agamemnon a été assassiné par sa mère Clytemnestre, et l'amant de sa mère, Egisthe. Cette fille, Electre, s'insurge contre la dictature du couple parental illégitime et devient une figure de la résistance face à l'oppression.
De son retour d'exil dans la cité,son frère Oreste dissimule par ruse son identité, et venge le meurtre de son père en assassinant sa mère et son beau-père.
La famille des Atrides, dite aujourd'hui "famille recomposée", est porteuse de mythes,fondations de notre société.Sophocle dénonce le temps de la perversion des rites religieux,la violence de nos pulsions archaïques par le meurtre(matricide-infanticide),la barbarie des sacrifices humains au nom d'une idéologie religieuse et politique. Le mythe d'Electre devient le fondement d'une nouvelle forme de justice,où la folle résistance collabore avec la raison dans son extrême.La pièce représente dans sa modernité fabuleuse l'avènement d'un nouvel ordre social étroitement lié au désordre.Nous vivons le passage de la loi des dieux à la loi civile,issue de la démocratie et élaborée par les hommes. |
| 15 mai 06 |
Corrida de Denis Baronnet mis en espace Denis Baronnet
Mise en lecture d’Antoine Bourseiller par la Compagnie Consortium M+D (Marseille)
Avec Paulo Correia, Mickeal Vander-Meiren,
Jean-Paul Muel et Alexandre Ruby
Durée de la lecture 1h
Corrida est une comédie délirante, une folie dont la principale ambition est de faire rire. Initialement, c’est un comédien bulgare qui me demanda de lui écrire quelque chose de drôle, un solo. J’eus alors l’idée de ce torero bulgare, complètement à côté de la plaque : Emilian Kraxi. Rapidement ce qui devait être un one man show « dégénéra » en pièce de théâtre. Pourquoi le thème de la tauromachie ? Je ne suis pas spécialement aficionado et la pièce ne se positionne pas pour ou contre la Corrida, c’est d’autre chose qu’il s’agit. Ce qui m’a intéressé, c’est de créer un décalage, un déplacement.
J’ai imaginé un improbable torero bulgare qui aurait toujours vécu dans les arènes, au centre de ce monde impeccable et lumineux, aux contours clairement définis, un torero qui ne connaîtrait rien du monde extérieur. Puis j’ai délicatement pris mon torero entre deux doigts, je l’ai sorti de ses arènes et je l’ai lâché en ville avec son habit de lumière, son accent bulgare, son orgueil, ses codes tauromachiques et son brave assistant Robino. Corrida est une pièce sur l’inadaptation, sur la folie, l’extrême fragilité du réel, sur l’alcool, sur la violence de notre société libérale et sur…moi. Son écriture a été une tentative d’exorcisme par le rire et le sarcasme, de mon propre sentiment d’inadaptation.
Denis Baronnet
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